L’Opep devrait prolonger l’accord de limitation de la production

par Bozorgmehr Sharafedin et Alex Lawler

VIENNE, 1er juillet (Reuters) – L’Opep et ses alliés étaient lundi sur le point de prolonger leur accord de limitation de l’offre de pétrole au moins jusqu’à la fin de l’année, l’Iran ayant apporté son soutien à la politique défendue par l’Arabie saoudite, l’Irak et la Russie dans le but de soutenir le prix du baril face au ralentissement économique.

Le ministre du Pétrole iranien, Bijan Zanganeh, a déclaré à des journalistes qu’il voterait pour une prolongation de six à neuf mois des réductions de production déjà en vigueur. L’Iran s’est dans le passé opposé à des stratégies défendues par l’Arabie saoudite en reprochant au royaume une trop grande proximité avec les Etats-Unis.

“Une réduction de la production ne me pose aucun problème (..) Ce sera une réunion facile car ma position est très claire”, a dit Bijan Zanganeh à son arrivée à Vienne.

Les Etats-Unis ne sont pas membre de l’Opep et ne font pas partie des pays signataires de l’accord d’encadrement de la production. Washington a au contraire demandé à l’Arabie saoudite d’augmenter ses pompages pour compenser la baisse des exportations de l’Iran, conséquence des sanctions prises ces derniers mois à l’encontre de Téhéran.

L’Opep et ses alliés ont réduit leur production depuis 2017 pour empêcher une chute des cours favorisée par la forte augmentation de la production des Etats-Unis, devenus le premier producteur mondial de brut cette année, devant la Russie et l’Arabie saoudite.

Samedi, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que son pays s’était accordé avec l’Arabie saoudite pour prolonger l’accord qui réduit actuellement la production globale des pays signataires de 1,2 million de barils par jour (bpj), l’équivalent d’environ 1,2% de la demande mondiale, pour six à neuf mois soit jusqu’à fin décembre 2019 ou fin mars 2020.

L’IRAN DÉFEND L’OPEP FACE À L’INFLUENCE RUSSE

Le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al Falih, a déclaré que l’accord serait probablement prolongé de neuf mois en précisant qu’une réduction accrue de la production n’était pas nécessaire.

“Il s’agit d’une reconduction et elle aura bien lieu”, a-t-il dit dimanche à des journalistes.

Le cours du pétrole Brent de référence a augmenté de plus de 25% depuis le début de l’année pour remonter à plus de 65 dollars le baril. Mais le ralentissement de l’économie mondiale et l’augmentation continue de la production des Etats-Unis pourraient remettre en cause cette remontée selon les analystes interrogés par Reuters.

L’accord d’encadrement de la production qui s’appliquait ces derniers mois a expiré officiellement dimanche. Les ministres des pays membres de l’Opep se réunissent ce lundi à Vienne et des représentants de la Russie et d’autres pays, qui forment l’alliance surnommée “Opep+” doivent les rejoindre mardi.

Bijan Zanganeh a assuré qu’il ne s’opposerait pas à une amplification des coupes dans la production mais il a ajouté qu’il rejetterait le projet de nouvelle charte de coopération avec les pays non-Opep emmenés par la Russie.

Et il a critiqué le fait que le président russe, Vladimir Poutine, ait annoncé la prolongation de l’accord Opep+ lors du sommet du G20 à Osaka, au Japon, sans attendre la réunion de Vienne.

“L’important pour moi, c’est que l’Opep reste l’Opep. Elle a perdu son autorité et elle est au bord de l’effondrement”, a dit le ministre iranien. “L’Iran ne va pas quitter l’Opep mais je crois que l’Opep va mourir de ce genre de procédés.”

Les exportations pétrolières de l’Iran sont tombées autour de 300.000 bpj en juin alors qu’elles atteignaient 2,5 millions de bpj en avril 2018, avant les sanctions prises par Washington.

(Avec Olesya Astakhova, Ahmad Ghaddart et Rania el Gamal; Marc Angrand pour le service français)



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