Wall Street termine en nette baisse

par Wilfrid Exbrayat

PARIS (Reuters) – Wall Street, à l’exemple des places européennes, a terminé en baisse la première séance de la semaine, les investisseurs n’ayant plus trop le goût du risque face à la multiplication des tensions politiques de par le monde et de crainte aussi qu’un conflit commercial sino-américain prolongé ne plonge la planète dans la récession.

L’indice a perdu 391 points, soit 1,49%, à 25.896,44 points lundi. Le S&P-500, plus large, a cédé 35,96 points, soit 1,23%, à 2.882,69 points. Le a laissé 95,73 points (1,2%) à 7.863,41 points.

Goldman Sachs (NYSE:) a revu à la baisse sa prévision de croissance des Etats-Unis, estimant que la probabilité de voir les tensions commerciales conduire à une récession augmente et ne prévoyant pas d’accord entre les deux pays avant la présidentielle américaine de novembre 2020. De son côté, l’institut allemand Ifo souligne dans sa dernière enquête trimestrielle la dégradation des perspectives économiques mondiales.

“Je ne pense pas que la guerre commerciale s’arrêtera de sitôt; elle risque de traîner jusqu’en 2020 (…) et puis il y a les soucis géopolitiques”, a dit Ryan Nauman, stratège marchés d’Informa Financial Intelligence.

“Il n’y a pas grand chose sur quoi les investisseurs puissent se rabattre; pas de de résultats de sociétés solides ou de fondamentaux vraiment robustes en dehors du marché du travail”.

Le président argentin Mauricio Macri a subi une lourde défaite aux primaires de dimanche en vue de la présidentielle d’octobre; le scrutin a été remporté par le candidat d’opposition Alberto Fernandez, dont la colistière est l’ancienne présidente Cristina Fernandez.

A cela s’ajoute la crise gouvernementale en Italie et la dégradation de la situation politique à Hong Kong.

“C’est la fin de l’été et donc beaucoup manquent à l’appel”, constate Bucky Hellwig (BB&T Wealth Management). “On dirait que ça se produit à chaque mois d’août, lorsque des événements impriment au marché des mouvement sans commune mesure avec leur importance”.

“Les investisseurs commencent à réaliser que ce qui se passe en dehors des USA produit un impact à la fois sur la croissance économique des Etats-Unis et sur celle du monde”, dit Paul Nolte (Kingsview Asset Management) pour sa part. “Les investisseurs finissent par se rendre compte que quelle que soit l’évolution des taux d’intérêt, elle n’atténuera pas les questions commerciales”.

Les analystes de Morgan Stanley (NYSE:) voient la Réserve fédérale abaisser à nouveau les taux en septembre puis en octobre. Ils n’anticipaient auparavant qu’une baisse en octobre seulement.

Des statistiques sur l’inflation, les mises en chantier et les ventes au détail sont attendues durant la semaine et seront scrutées pour détecter tout signe de ralentissement économique.

La période de publication des résultats de sociétés trimestriels approche de son terme. Pour l’heure, 73,5% des entreprises qui ont publié ont battu le consensus.

Le volume a été de 6,09 milliards de titres échangés contre 7,24 milliards en moyenne durant les 20 dernières séances.

VALEURS

Les 11 grands indices sectoriels S&P ont tous fini dans le rouge, la plupart sur des pertes dépassant 1%. Le recul le plus marqué est pour les financières, dont l’indice lâche 1,94%. Celui de l’énergie abandonne pour sa part 1,43%.

Les groupes de médias CBS (NYSE:) et Viacom en sont au dernier stade de discussions visant à fusionner, une opération qui valorise Viacom avec une décote sur son cours de clôture de vendredi.

Viacom a cédé 4,93% et CBS 1,74%.

Tapestry, propriétaire de Coach, et Capri, propriétaire de Versace ont perdu 4,2% et 3,45% respectivement, les ambassadeurs chinois de certaines marques de mode ayant rompu leur contrat avec elles parce qu’ils estiment qu’elles violent la souveraineté de la Chine en identifiant Hong Kong et Taiwan comme des pays.

La plate-forme de streaming Roku a gagné 7,2%, l’analyste Needham l’ayant préféré au concurrent bien plus grand Netflix (NASDAQ:).

LES INDICATEURS DU JOUR

Aucun indicateur majeur n’a été publié.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les principales Bourses européennes ont terminé dans le rouge lundi, pénalisées par la montée des craintes d’un ralentissement marqué de l’économie mondiale et par la multiplication des foyers de tension politiques, Hong Kong et l’Argentine s’ajoutant à la liste des “points chauds” du moment.

À Paris, le a fini la séance sur un repli de 0,33% (17,61 points) à 5.310,31 points. A Londres, le a perdu 0,24% et à Francfort, le a reculé de 0,12%.

L’indice a cédé 0,22%, le 0,23% et le 0,31%.

TAUX

Les rendements ont décroché, de concert avec la Bourse, les Treasuries ayant joui pleinement de leur statut de valeur refuge dans un contexte géopolitique troublé.

Le 30 ans a ainsi glissé au plus bas depuis juillet 2016 et la courbe des rendements s’est sensiblement aplatie, attestant d’une montée des angoisses.

Le “spread” entre le deux ans et le 10 ans s’est réduit à 5,3 points de base, au plus bas depuis au moins 2010, selon des données Refinitiv.

Le 10 ans cédait 9,4 points de base à 1,6403%. Il a perdu plus d’un point depuis le début de l’année et pourrait bien accuser son recul le plus marqué depuis huit ans.

Le 30 ans a laissé 1,18 point à 2,1290% et le deux ans 5,2 pdb à 1,5776%.

CHANGES

L’indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises de référence, était stable, tandis que l’euro et la livre montaient modestement dans un marché pris de torpeur estivale.

La livre gagnait 0,33% à 1,2074 dollar et l’euro 0,13% à 1,1214 dollar.

Le marché des changes “se dirige vers la période estivale la plus creuse. On couvre les positions à découvert et cela place une pression haussière sur les deux devises; c’est sans doute l’événément marquant du jour sur les changes”, a dit Gregory Anderson (BMO Capital Markets).

PÉTROLE

Les cours ont terminé en hausse lundi sur le Nymex, mais elle a été modeste car les espoirs de voir les grands producteurs continuer à réduire l’offre mondiale sont contrebalancés par les craintes de voir la demande caler en raison du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

OR

L’or profite à plein lui aussi de son statut de valeur refuge est reste au-dessus de l’importante barre psychologique des 1.500 dollars l’once, gagnant 0,97% à 1.511,33 dollars.

À SUIVRE MARDI 13 AOÛT

L’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne en août sera publié à 11h00. Il sera suivi, à 14h30, de l’indice des prix de détail de juillet aux Etats-Unis. L’Opep publiera par ailleurs son rapport mensuel.

(Medha Singh et Arjun Panchadar, Stephen Culp, Collin Eaton, Gertrude Chavez-Dreyfuss, Kate Duguid; Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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